J’avais lu à sa parution le livre de Franck Courtès et j’avais bien aimé le récit de ce photographe devenu écrivain, confronté rapidement à la pauvreté et à la nécessité de gagner sa vie, tout en se laissant du temps pour écrire.
Aussi, lorsque le film qu’en a tiré Valérie Donzelli est sorti sur les écrans, je me suis replongée dans le livre et j’ai hésité à aller au cinéma. J’avais peur d’être déçue, je ne voulais pas que les images viennent bousculer ce que j’avais ressenti lors de mes lectures.
Déjà le choix de Bastien Bouillon, un acteur que j’apprécie par ailleurs, pas encore la quarantaine, divergeait de la réalité de l’auteur, cinquante-cinq dans le livre.
Finalement, après la lecture des critiques et de quelques billets sur les blogs, à la faveur d’un dimanche après-midi bien gris, ce qui a été la règle ici depuis le début de l’année, j’ai vaincu mes réticences et suis allée au Katorza à Quimper voir le film.
Et bien, je n’ai pas regretté, ce film a beaucoup de qualités. Bastien Bouillon est très bien dans le rôle même si la différence d’âge change la perception de la pénibilité des tâches de manoeuvre, par exemple. Il me semble que le film appuie davantage sur la pression exercée par le père du héros sur son fils, pour qu’il renonce à son aventure littéraire et retrouve un emploi mieux rémunéré et plus conforme à son milieu social.
Le livre évoquait davantage d’expériences professionnelles du héros, dans d’autres domaines d’activité alors que le film se concentre sur les travaux d’aide aux particuliers. J’ai trouvé également que le livre était beaucoup plus percutant sur le sujet, dénonçant plus fortement les conditions de travail indignes et l’exploitation des travailleurs qui en résulte. Il me semble qu’il se terminait sur une vision moins positive que le film, du moins c’est ce que j’avais ressenti.
En revanche, un point commun entre le livre et le film, pour moi, est la difficulté à percevoir les raisons qui poussent Franck Courtès et son double cinématographique vers la littérature, quel est cet élan qui fait accepter au photographe reconnu cette condition de travailleur pauvre et précaire.
En conclusion, deux expériences un peu différentes, mais qui se complètent tout à fait. Je suis d’ailleurs curieuse de savoir comment Franck Courtès a perçu l’adaptation de son livre à l’écran !
