Rue Malaga

Maria Angeles, une espagnole de Tanger, vit seule rue Málaga dans l’appartement qu’elle et son mari avait acheté. Un appartement soigné dans un quartier où elle connait tout le monde, où règne la bienveillance et la solidarité. Une visite de sa fille, qui habite Madrid avec son enfant et vit un divorce compliqué, vient bouleverser cette existence paisible. Comme elle a besoin d’argent, la fille a mis l’appartement en vente et essaye de convaincre sa mère de venir vivre avec elle à Madrid. Sinon, c’est la maison de retraite !

Contrainte et forcée, tous ses meubles vendus à l’antiquaire du coin, Maria Angeles se résoud à la maison de retraite mais comprend vite que ce n’est pas pour elle. À l’insu de sa fille repartie en Espagne, elle revient squatter son logement, rachète petit à petit ses meubles avec les revenus que lui procure un petit business organisé grâce à ses connaissances dans le quartier. Et cet antiquaire, honni et pas aimable, Maria Angeles découvre qu’il gagne à être connu !

Ce film apporte une bouffée de fraîcheur. Maryam Touzani, la réalisatrice, est née à Tanger et on sent l’amour qu’elle porte à sa ville natale à travers les images, lors des déplacements de l’héroïne : les petites rues, le port, le cimetière même, traduisent l’attachement d’une vie.

Maria Angeles doit faire face à une situation critique et plutôt que subir et renoncer, elle fait preuve d’un regain d’énergie, elle secoue la routine et se découvre une nouvelle vie.

Carmen Maura est magnifique, comme toujours. C’est une actrice que j’aime beaucoup, je manque d’impartialité !

Et si toute cette histoire pouvait se résumer à une histoire de cheveux ?
Au début, Maria Angeles est coiffée impécablement d’un chignon très travaillé, en ligne avec son personnage de dame bientôt octogénaire. À la maison de retraite, l’insistance de la coiffeuse maison à vouloir lui imposer une coupe courte semble être le déclic d’une prise de conscience. Ensuite, revenue chez elle et à la tête de son petit business, Maria Angeles porte souvent ses cheveux détachés ou attachés d’une façon beaucoup plus décontractée, tout à fait en phase avec son nouveau mode de vie.

En résumé, un film très revigorant et plein de tendresse et d’espoir, qui m’a rappelé, dans un autre style, La vieille dame indigne de René Allio (1965).

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1984

France-Culture a diffusé, il y a peu, la mise en onde du roman 1984 de George Orwell.

Je me rappelle avoir lu le livre à la fin des années 70 mais je me rends compte que je n’en pas de souvenirs, à part le slogan Big brother is watching you.

J’ai donc commencé à écouter les épisodes qui sont disponibles en podcast sur le site de Radio-France. Et je suis très surprise, car, à l’écoute, rien ne ravive ma mémoire, les péripéties ne réactivent aucun souvenir de l’histoire qui est pourtant très marquante.

Comme le propose France-Culture : À l’heure où l’on se demande si 2 + 2 est encore égal à 4, il est plus que jamais nécessaire de redécouvrir cette œuvre avec un regard neuf, ou plutôt une oreille neuve. Une fiction en son immersif. Et bien, moi, j’ai l’impression de découvrir l’oeuvre pour la première fois, ce qui n’enlève rien au choc que provoque la vision de génie d’Orwell.

À écouter ici.

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Sept hivers à Téhéran

J’ai regardé hier soir en replay sur FranceTV ce film documentaire allemand qui raconte le combat pendant sept années d’une famille iranienne pour sauver de la mort l’ainée de ses filles, Reyhaneh Jabbari.

La jeune fille de 19 ans a été attirée dans un traquenard par un chirurgien qui voulait la contraindre à des relations intimes. Pour lui échapper, elle l’a poignardé avec un couteau et a été condamnée à mort. Le jugement s’appuie sur la loi du Talion, c’est-à-dire que c’est la famille de la victime, en l’occurence son fils, qui doit appliquer la sentence.

Le film est composé de prises de vues clandestines réalisées avec un téléphone portable, des appels téléphoniques de Reyhaneh depuis sa prison, des prises de paroles de ses parents et de ses soeurs. J’ai été bouleversée par le courage de la mère, Shole Pakravan, son endurance, son refus de croire à l’inéluctable. On veut croire avec elle mais hélas, ça se passe en Iran, c’est un autre monde…

Shole Pakravan, la mère, qui vit maintenant en Allemagne

J’ai été révoltée par cette justice qui n’assume même pas sa condamnation, par les arguments formulés au procès. On ne peut pas imaginer, on pourrait croire à une farce si ce n’était pas la réalité filmée dans un tribunal !

Ce film de Steffi Niederzoll est visible en replay sur FranceTV jusqu’au 23/02/2027. Il a été primé à la 73ème édition du festival de Berlin en 2023.

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À pied d’œuvre

J’avais lu à sa parution le livre de Franck Courtès et j’avais bien aimé le récit de ce photographe devenu écrivain, confronté rapidement à la pauvreté et à la nécessité de gagner sa vie, tout en se laissant du temps pour écrire.

Aussi, lorsque le film qu’en a tiré Valérie Donzelli est sorti sur les écrans, je me suis replongée dans le livre et j’ai hésité à aller au cinéma. J’avais peur d’être déçue, je ne voulais pas que les images viennent bousculer ce que j’avais ressenti lors de mes lectures.

Déjà le choix de Bastien Bouillon, un acteur que j’apprécie par ailleurs, pas encore la quarantaine, divergeait de la réalité de l’auteur, cinquante-cinq dans le livre.

Finalement, après la lecture des critiques et de quelques billets sur les blogs, à la faveur d’un dimanche après-midi bien gris, ce qui a été la règle ici depuis le début de l’année, j’ai vaincu mes réticences et suis allée au Katorza à Quimper voir le film.

Et bien, je n’ai pas regretté, ce film a beaucoup de qualités. Bastien Bouillon est très bien dans le rôle même si la différence d’âge change la perception de la pénibilité des tâches de manoeuvre, par exemple. Il me semble que le film appuie davantage sur la pression exercée par le père du héros sur son fils, pour qu’il renonce à son aventure littéraire et retrouve un emploi mieux rémunéré et plus conforme à son milieu social.

Le livre évoquait davantage d’expériences professionnelles du héros, dans d’autres domaines d’activité alors que le film se concentre sur les travaux d’aide aux particuliers. J’ai trouvé également que le livre était beaucoup plus percutant sur le sujet, dénonçant plus fortement les conditions de travail indignes et l’exploitation des travailleurs qui en résulte. Il me semble qu’il se terminait sur une vision moins positive que le film, du moins c’est ce que j’avais ressenti.

En revanche, un point commun entre le livre et le film, pour moi, est la difficulté à percevoir les raisons qui poussent Franck Courtès et son double cinématographique vers la littérature, quel est cet élan qui fait accepter au photographe reconnu cette condition de travailleur pauvre et précaire.

En conclusion, deux expériences un peu différentes, mais qui se complètent tout à fait. Je suis d’ailleurs curieuse de savoir comment Franck Courtès a perçu l’adaptation de son livre à l’écran !

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Les as du balai

Et voila, la première partie des JO 2026 à Milan-Cortina est terminée. Je n’ai pas suivi la totalité des épreuves mais j’ai été particulièrement captivée cette année par deux disciplines.

Tout d’abord le curling !

J’ai admiré la précision et la tactique des lanceurs et ensuite, l’ardeur du balayage des co-équipiers tentant d’infléchir la trajectoire de la pierre en granit, de la freiner ou de lui faire poursuivre son chemin vers la Maison ou la pierre concurrente.

Cela m’a poussée à en savoir plus sur ce sport, qui a commencé en Écosse au XVIe siècle, si j’en crois ce site bien documenté.

J’ai aussi vibré lors des épreuves de Short Track, en particulier lors des relais hommes et femmes, lorsque les membres d’une même équipe se croisent et s’insèrent dans la course. C’est rapide, brillant, plein de rebondissements et d’aléas. Idéal pour occuper les après-midis maussades de ces derniers jours !

Mais le spectacle continue, il faut juste quelques jours de patience avant le début des jeux paralympiques, le 6 mars.

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Des mots et des maux…

Si seulement ils étaient des mots sur le papier, et non des maux dans le corps d’Irene.

Cette phrase est extraite du livre que je suis en train de lire, New York Odyssée de Kristopher Jansma, à la page 227 de l’édition au Livre de Poche.

C’est un roman traduit de l’anglais par Sophie Troff, paru initialement aux éditions Rue Fromentin.

En lisant cette phrase, je me suis demandé ce qu’elle pouvait être dans l’édition originale. Y avait-il également ce jeux de mots, c’est le cas de le dire, dans la version anglaise ? Ou est-ce la traductrice qui s’est permis une fantaisie ?

Si je veux en avoir le coeur net, je n’ai plus qu’à trouver ce livre en version originale !

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Automne

L’automne, n’est pas encore officiellement là, si je me fie au calendrier, mais je le rencontre déjà partout !

Dans le feuillage du fusain ailé, côté ouest dans mon jardin.

Sur les liquidambars qui ornent le côté nord, dans une riche palette de couleurs.

Il est aussi dans le temps qui fait alterner averses, épisodes venteux puis ensoleillés, qui fait baisser la température ambiante en quelques jours, qui m’oblige en fin de journée à passer un pull. Je commence même à envisager de remettre la couette d’hiver sur mon lit.

Mais je me garde de tout pessimisme, nous aurons peut-être un bel été indien !

Proposition quotidienne de rédaction
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Grande marée

Coefficients de marée élevés ces jours-ci et donc bonne occasion d’aller à la pêche à la crevette dans les rochers de l’Île-Tudy.

L’an dernier, à la même époque, nous avions récolté 75 g de crevettes roses à deux, ce qui était un maigre butin !

C’est donc avec l’ambition de faire mieux que nous nous sommes rendus sur les lieux vers 11h30, où nous avons croisé les enfants de l’école qui regagnaient leur classe après une « leçon de choses » en pleine nature.

Début de pêche très difficile. Aucune crevette visible dans l’eau pendant au moins 30 minutes. Et puis, tout à coup, alors que je suis revenue plus près de la Pointe, je relève mon haveneau, où s’agitent une dizaine de crevettes ! Certaines sont minuscules et passent à travers les mailles du filet tandis que je collecte les plus gros spécimens. La suite de la pêche est plus fructueuse, j’ai trouvé le bon coin !

Je croise des pêcheurs d’étrilles. Ils soulèvent les rochers et armés d’un crochet, farfouillent en dessous pour débusquer les crabes-sardines, qui, ils me l’apprennent, doivent mesurer au minimum 5,5 cm pour être légalement capturés.

Vers 13h00, la mer a commencé à remonter, le vent s’est levé, il est temps de rentrer.

Pesée du butin à l’arrivée à la maison : 170 grammes ! Quel progrès et quel régal pour nous et nos deux invitées.

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Goodbye Stranger

Tristesse et coup de vieux ce matin à l’écoute des informations de 9h00 sur France-Inter : Quelques notes de Supertramp et annonce de la mort de Rick Davies, le fondateur du groupe, compositeur, pianiste, chanteur.

La musique de Supertramp, ce sont mes vingt ans, mes dernières années de fac, mes débuts au travail, les premières désillusions, la recherche du réconfort à l’écoute de Hide in your shell !

Toute une époque ! J’ai encore les disques du groupe sur mes étagères, je vais pouvoir me laisser aller à la nostalgie.

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HSE#07-09-25

Envie de reprendre une ancienne habitude, celle du Happy Sunday Evening, c’est-à-dire publier une photo pour combattre la morosité du dimanche soir ou célébrer un moment heureux du week-end.

Aujourd’hui, je choisis cette photo prise sur la plage hier. C’était presque marée haute, le vent soufflait, il n’y avait presque personne. En une semaine, l’ambiance a complètement changé. Dimanche dernier, c’était l’affluence, tout le monde profitait du dernier dimanche avant la rentrée. Les prochains jours, les coefficients de marée vont augmenter, ce sera l’occasion d’aller pêcher la crevette !

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