Visite il y a quelques jours à la Maison Rouge de l’exposition Étranger résident qui présente la collection Marin Karmitz.
Essentiellement des photos, en noir et blanc, qui couvrent le XXe et XXIe siècle et que l’on découvre dans les premières salles. Paradoxalement, les seules photos en couleur de l’exposition sont consacrées à Auschwitz.
J’ai d’abord été touchée par ces photos de Michael Ackerman présentées sur un accordéon de papier dans une galerie de verre.

Michael Ackerman
J’ai trouvé très émouvant les clichés de Lewis Hine qui sont projetés sur un grand écran. On y voit des émigrants d’Europe de l’Est à leur arrivée sur Ellis Island, puis ensuite dans leur vie quotidienne, dans des logements misérables ou sur leurs lieux de travail. Les photos d’enfants sont les plus poignantes.
Certaines de ces photos sont également visibles sur cette grande table lumineuse en verre.

Lewis Hine
Plus tard, j’ai bien aimé cette composition de Dieter Appelt.

Dieter Appelt Ciné-tableau Ezra Pound III
Ensuite, dans une salle plongée dans le noir est projeté un film de 20 minutes, adapté de la pièce de Samuel Beckett, Comédie, et filmé par Karmitz lui-même. Le long des murs de cette salle, des vitrines rassemblent une collection impressionnante de coiffes, chapeaux, couvre-chefs de différentes cultures et provenances. J’aurais aimé en montrer davantage mais l’éclairage ne rendait pas la tache facile ! C’était superbe !
Rencontre étonnante que ce personnage de Panamarenko dans la cour, bronze peint affublé de plusieurs moteurs sur le dos qui, selon le commentaire, lui permettraient de s’envoler !
Panamarenko Bepto Bismo II 2003
Panamarenko Bepto Bismo II 2003
De nouveau une salle obscure et un grand écran où est projeté le film d’une installation dans un paysage de neige : des clochettes attachées au bout de tiges souples qui se balancent dans la tempête. On entend à peine le son des clochettes dans le vent qui hurle et ça dure plus de douze heures. Un spectacle envoûtant… même si je ne suis restée que quelques minutes !

Christian Boltanski Animitas blanc
J’ai aussi beaucoup aimé cette installation d’Annette Messager, des outils de couturières en skaï accrochées au bout de fils qui pendent du plafond.

Annette Messager Les spectres des couturières
L’exposition présente aussi de très nombreuses œuvres modernes, des tableaux, des sculptures, des vidéos de cinéastes réputés mais aussi quelques objets des civilisations pré-colombiennes, composant une collection très éclectique et très riche.

Jean Dubuffet Figure augure 1958
Dans la salle consacrée à Jean Dubuffet, je suis restée longtemps devant ce tableau.
Il s’en dégageait une chaleur que la photo ne peut absolument pas rendre. Dommage !
Je n’essayerai pas de citer tous les artistes présents dans ces salles, il y en a trop ! Mon seul conseil, allez voir cette exposition si vous en avez l’occasion avant le 21 janvier 2018.
L’article de Sarah Petitbon sur Polka magazine propose de nombreux liens vers les artistes exposés et permet de découvrir leurs œuvres au delà de celles qui sont présentées.
Retrouvez Marin Karmitz à propos de cette exposition dans un entretien sur France-Culture.
Étranger résident, la collection de Marin Karmitz du 15 octobre 2017 au 21 janvier 2018 à La maison rouge, 10 boulevard de la Bastille 75012 Paris